ZAC Pirmil-les Isles

Le long de la Loire, à cheval sur Rezé et Nantes, un nouveau quartier se dessine avec les habitants : Pirmil-les Isles. Ces derniers étaient conviés le 7 septembre 2021 à un point d’avancement du projet.


Le projet est ambitieux dans ses objectifs écologiques. « Certainement le plus ambitieux que je connaisse », souligne l’architecte-urbaniste Frédéric Bonnet, devant 150 personnes venues assister à la réunion publique le 7 septembre 2021. À tous, il a rappelé le dernier rapport alarmiste du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et l’urgence à agir à tous les niveaux. « Avec notre mode de vie actuel, il nous faudrait plusieurs planètes. Nous avons les moyens de le corriger. Avec des petits pas, nous pouvons réorienter les grandes tendances. » Pirmil-les Isles en est un.

VILLE-NATURE

Depuis 2010, dans le secteur situé entre les anciennes îles de Loire et Pirmil, on imagine la ville de demain : une ville-nature, accessible à toutes et tous, pensée pour y vivre de façon durable. Les arbres y auront une grande place, les voitures beaucoup moins. « Si on veut planter de façon généreuse, nous devons faire évoluer nos façons de nous déplacer », insiste Frédéric Bonnet. L’ambition ? Avoir des espaces publics respirables, redonner toute sa place à la nature et retrouver le lien avec la Loire. « Un hectare de zones humides sera remis en place pour apporter de la fraîcheur et favoriser la biodiversité. Et un parc fluvial de quatre hectares ouvert à tous pour se balader, se reposer ou tout simplement observer les marées », explique Sylvanie Grée, paysagiste.

PREMIERS HABITANTS EN 2025

En 2025, le futur quartier accueillera ses premiers habitants. Côté Basse-Île, un millier de logements d’ici 2030 (2 300 d’ici 2040) seront construits et 1 000 côté Pirmil. Des bâtiments avec des hauteurs différentes pour s’intégrer dans l’environnement. Et conçus avec le moins possible de béton. « Nous avons mobilisé différentes filières (bois, chanvre, paille…) pour imaginer de nouvelles façons de construire des logements tout en restant accessible au plus grand nombre », précise Frédéric Bonnet. École, crèche, gymnase et autres équipements publics prendront place dans le quartier. Tout comme des commerces et activités tertiaires. Le quartier sera desservi par de nouvelles lignes de tram « qui iront même au-delà : jusqu’à l’hôtel de ville », se félicite le maire, Hervé Neau.

QUARTIER INTÉGRÉ DANS LA VILLE

Officiellement lancé en 2018 avec la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC), le projet, porté par Nantes Métropole avec le concours de Nantes Métropole Aménagement, a été passé au peigne fin par la nouvelle équipe municipale depuis son arrivée en juillet 2020. « Nous avions besoin de nous acculturer. Et de nous assurer que ce quartier situé au nord de Rezé s’intègre bien dans le territoire », ajoute Hervé Neau. Autre point d’attention : la mixité sociale. « La Ville a toujours accueilli des habitants de toutes origines et catégories sociales. Il en sera de même dans ce quartier », souligne Martine Métayer, conseillère municipale et métropolitaine en charge de l’aménagement, de l’espace public et de l’habitat.

DU CONCRET : LES JARDINS

Le projet est aujourd’hui entré en phase de réalisation. Première traduction : l’ouverture en juillet d’un jardin aux abords du site Transfert. « Nous y testons différentes compositions de sol, différentes essences d’arbres », explique la paysagiste, Sylvanie Grée. Un second ouvrira au printemps 2022 à la cale Aubin (à la place de l’ancien dépôt Conforama) : « Un avant-goût du parc fluvial à venir ».

RÉACTIONS DES HABITANTS

Les habitants étaient nombreux à poser des questions. En voici quelques-unes assorties de réponses des élus et de l’architecte-urbaniste.

Habitant : « On ne parle plus de la trajectoire des avions. Il nous avait pourtant été dit qu’on ne pouvait pas construire à cet endroit. »
Réponse : « La construction dans cette zone est possible avec des aménagements phoniques conformément au Plan d’exposition au bruit actuel », répond Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole en charge de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable.

Habitant : « Comment traversera-t-on la route de Pornic ? »
Réponse : « Une réflexion va être lancée avec les Rezéennes et Rezéens autour de liaisons douces permettant de franchir cet axe aujourd’hui dangereux », indique le maire, Hervé Neau. « Une ligne de transport en commun en site propre y est prévue », poursuit Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole en charge de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable.

Habitant : « L’arrivée du tram va-t-elle condamner la voie ferrée ? »
Réponse : « La voie de chemin de fer ne va pas disparaître », répond le maire, Hervé Neau. « Les études de positionnement des futures lignes de tram sont en cours », ajoute Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole en charge de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable.

Habitant : « Avoir des bâtiments tous de même hauteur, comme sur l’Île de Nantes, n’est pas une bonne solution. »
Réponse : « Nous aurons une grande diversité dans les hauteurs afin de mieux intégrer le projet immobilier à l’environnement existant afin de ne pas monter trop haut à proximité des habitations actuelles », explique l’architecte-urbaniste, Frédéric Bonnet.

Habitant : « L’autopont au-dessus de la sortie de l’ancien bourg sera-t-il détruit ? »
Réponse : « Il n’a plus sa place dans le projet », expose le maire, Hervé Neau.

Habitant : « Qu’en est-il du site de Transfert ? Ira-t-il au-delà de 2022 ? »
Réponse : « Les financements s’arrêtent à l’été 2022 », répond Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole en charge de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable.

Habitant : « Je vois mal où passent les routes ».
Réponse : « Parkings et hangars situés au nord vont laisser place à un grand parc. La rue de la Basse-Île deviendra une promenade de bord de Loire, comme avant de remblayer », explique l’architecte-urbaniste, Frédéric Bonnet.

Habitant : « Ce nouveau quartier aura-t-il des liens avec les autres ? Sera-t-il ouvert ? »
Réponse : « Il a été conçu pour être en lien avec ce qu’il y a autour, explique l’architecte-urbaniste, Frédéric Bonnet. Les nouveaux services (restaurants, équipement sportif…) ne seront pas réservés aux seuls habitants du quartier. »

HABITANTS ASSOCIÉS

La concertation se poursuit avec les habitants dès le départ associés. Depuis 2015, réunions publiques, balades urbaines et ateliers participatifs ont été organisés. De septembre à janvier, plusieurs d’entre eux travailleront en ateliers sur des questions très concrètes. Parmi elles : comment vivre au quotidien avec moins de voitures ? Leur réflexion est à suivre sur le site du dialogue citoyen de Nantes Métropole.

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